DIDON & ENEE, opéra baroque en trois actes de Henry PURCELL

Après l'opéra Carmen de G. Bizet, Régine CABANNE a lancé un nouveau défi à relever aux choristes de l'Ensemble Vocal MEZZA VOCE avec la mise en espace de cet opéra de chambre miniature, véritable joyau écrit en 1689 par le compositeur anglais Henry Purcell. Pendant de longs mois les choristes ont travaillé les brefs passages du choeur, musique et paroles en anglais à apprendre par coeur car la mise en scène ne permet pas de garder les partitions. Tout devait être prêt pour le samedi 5 décembre, jour de la réprésentation de l'opéra au Théâtre des Nouveautés à TARBES. Après la maîtrise des partitions, les choristes devaient s'attaquer à la mise en espace de l'oeuvre, pensée et dirigée par Marie-Anne GORBATCHEVSKI. Malgré leur appréhension, tous ont adhéré avec joie.
Pourquoi choisir de mettre en espace une œuvre complète et ne pas se contenter de travailler les seuls chœurs?
Le choix de donner une mise en espace de l’œuvre et non pas une version concert, c’est relever le défi de mémoriser l’œuvre, dans une langue que tout le monde ne maîtrise pas, c’est apprendre à concilier chant et déplacements. C’est l’expression de notre volonté d’aller aussi loin que possible en tant que choristes. C’est l’expression de la volonté de produire une œuvre complète. C’est aussi, après plusieurs années, voir si nous somme capables de faire aussi bien, sinon mieux, que lorsque nous avons mis en scène CARMEN de Bizet au Théâtre des Nouveautés. Pour parvenir à cette mise en espace, il nous fallait le concours d’un metteur en scène, et nous remercions Madame Marie-Anne GORBATCHEVSKY d’avoir accepté de nous guider dans cette aventure.
Pourquoi faire appel à des solistes professionnels et à l’Ensemble Baroque de Toulouse ?
L’Ensemble Vocal MEZZA VOCE regroupe des choristes amateurs et prétendre à interpréter des rôles aussi prestigieux que ceux de Didon et Enée serait présomptueux et irrespectueux à la fois de l’œuvre et du public.
Par contre, interpréter les chœurs avec des solistes et des instrumentistes de talent, c’est un honneur dont nous sommes conscients et c’est une motivation supplémentaire à nous surpasser et à donner le meilleur de nous-mêmes pour « être à la hauteur ».
Inviter ces interprètes à se produire à TARBES, c’est aussi notre façon de promouvoir le chant et la musique dans la région.
Comment avons-nous mené ce projet à bien ?
En nous préparant vocalement : Voilà maintenant un an et demi que MEZZA VOCE a commencé à travailler Didon et Enée. Nous étions encore en train de peaufiner nos concerts (La Petite Messe Solennelle de Rossini) à l’Eglise Saint Jean à TARBES, puis à TILLAC dans le Gers. A force de travail, nous sommes progressivement arrivés à faire de la musique et à mémoriser la partition, un vrai défi posé, en particulier, aux non-anglicistes. Pour ne pas nous lasser, nous alternons dans nos répétitions des œuvres « Chants du Monde » qui alimenteront nos concerts de 2010.
En nous préparant scéniquement : Nous avons passé de longs week-ends à travailler assidûment, mais toujours dans la bonne humeur, avec Marie-Anne GORBATCHEVSKY que nous tenons à remercier.
En nous mobilisant pour le financer : C'est-à-dire en démarchant d'éventuels sponsors. Un grand merci aux commerçants, entreprises et sociétés qui nous ont répondu favorablement et qui ont rendu ce condert possible.

 

les choristes de Mezza Voce

 

Beaucoup de travail pendant les répétitions mais aussi beaucoup de plaisir pour tout le monde !

 

Opéra DIDON & ENEE de Henry PURCELL

Pour mieux situer l'oeuvre
Au XVIIè siècle, l’opéra fait surtout référence à l’Antiquité. Les auteurs puisent leurs sujets dans la mythologie qui est à cette époque le fond culturel commun. Cela permet à un large public d’accéder à une forme dramatique complexe. La guerre de Troie, relatée par Virgile et Homère, fourmille d’épisodes dont s’emparent les compositeurs de l’époque baroque. Virgile a écrit l’Enéide au premier siècle avant notre ère. Son but était à la fois littéraire et politique : offrir à Rome son texte fondateur en lui donnant des origines troyennes. L’idylle de Didon
n’occupe qu’une brève étape (chant IV de l’oeuvre) du long voyage d’Enée, prince troyen destiné par les dieux à fonder Rome. Mais ses exploits ne peuvent éclipser les charmes de cette princesse, elle-même fondatrice de Carthage. Le livret de Didon est signé Nahum Tate, habile homme de lettres de l’époque. La passion malheureuse de Didon lui fournit un sujet à la fois poétique et concis, permettant de déployer une ample palette de personnages. La Sorcière, élément indispensable du théâtre anglais depuis Shakespeare, apporte une touche fantastique et divertissante. La partition disparaît après la mort précoce du compositeur et on ne reconstitue cet opéra capital qu’avec une copie de 1775. L’abondance de rôles féminins et l’aspect moral du sujet semblent confirmer la thèse
selon laquelle il a été composé pour un pensionnat de jeunes filles à Chelsea.
Personnages
- Didon, reine de Carthage (soprano ou soprano dramatique) - Belinda, sa confidente (soprano ou soprano léger) - la Magicienne (mezzo-soprano ou alto) - les deux Sorcières (sopranos ou mezzo-sopranos) - les deux dames (sopranos ou mezzo-sopranos) - l’Elfe (le faux Mercure) (soprano ou ténor) - Enée, prince troyen (ténor ou baryton élevé) - un marin (soprano ou ténor) et le chœur.
L’action se déroule à Carthage, peu après la fin de la guerre de Troie, en trois Actes.
Compositeur
Henry PURCELL (1659 – 1695) appartient à une famille de musiciens et manifeste des dons précoces. Il écrit ses premières oeuvres à l’âge de 11 ans. Dido and Aeneas est son seul opéra. « Jamais on n’a mieux fait chanter la langue anglaise » (R. de Candé). Le plus grand musicien anglais est également l’un des plus authentiques génies de l’histoire musicale : dans tous les genres qu’il a abordés, il s’est approché de la perfection. Au cours de sa courte vie, Purcell a fait preuve d'une étonnante activité : musique d’église, musique vocale profane, musique instrumentale. Il laisse plus de 800 oeuvres.
La mise en espace de DIDON & ENEE de PURCELL avec des solistes et des instrumentistes professionnels était un projet ambitieux de l'Ensemble Vocal MEZZA VOCE qui a été superbement relevé ce SAMEDI 5 DECEMBRE 2009 au THEÂTRE DES NOUVEAUTES à TARBES devant un public venu très nombreux malgré le Téléthon.
Ont participé :
- les Instrumentistes de l’Ensemble Baroque :
-Premier violon ……. ……. Claire ZAREMBOVICH
-Deuxième violon ………. . Isabelle DULUC
-Alto………….……………. Jean-François GOUFFAULT
-Violoncelle………………. Géraldine DEVILLIERES
-Clavecin…………………. Christine GENET
Fondé en 1998 par Michel Brun, l’Ensemble Baroque de Toulouse regroupe, au sein d’un orchestre et d’un chœur, des instrumentistes professionnels et des chanteurs passionnés par l’interprétation de la musique du XVIIIe s. Par le choix des instruments anciens, le travail stylistique, l’effectif instrumental et choral, il souhaite faire revivre la musique baroque dans toute sa fraîcheur et son intensité. Depuis sa création, l’Ensemble Baroque de Toulouse a connu un développement remarquable qui l’a amené à participer à de nombreux festivals en région Midi-Pyrénées et à travers la France.

- Régine CABANNE - Elle connaît une carrière musicale riche. Elle a été formée à la direction de choeur à la Faculté de Pau avec Guy MANEVEAU. Ses études l’ont conduite vers le professorat qu’elle a exercé dans notre département, au collège de LANNEMEZAN et au collège Pyrénées de TARBES, puis aujourd'hui dans l’Académie de VERSAILLES. Régulièrement avec ses élèves, elle soutient des projets audacieux. La ville de TARBES lui reconnaît l’art de la direction et se réjouit de la suivre dans un large répertoire travaillé dans la nuance et la rigueur.

- Laetitia MARTIGNY - Elle débute le piano et le solfège à l’âge de 6 ans au conservatoire à Paris. A 11 ans, elle intègre la Maîtrise de Radio France. elle obtient son diplôme de fin d’études de chant lyrique , et simultanément sa licence de musicologie à la Sorbonne. En 2009, Laetitia obtient son DEM de Musique de Chambre au Conservatoire de Pau. Depuis, elle poursuit sa formation au CNR de Toulon. Parallèlement, elle travaille pour l’Atelier Musical de Pau en tant que professeur de technique vocale et coordinatrice pédagogique, intervient comme soliste dans des concerts organisés par la « Compagnie des Petits Concerts », le « choeur du Luy de Béarn », en collaboration avec le conservatoire de Tarbes, ainsi que dans la région parisienne avec l’ensemble orchestral « Donna Musica ».

- Pierre-Yves BINARD - Baryton, il se forme au CNR de Toulouse. Il chante son premier rôle soliste en 2003 avec la Cie du hasard (dir.Nicolas Peskine), ce sera Figaro du Barbier de Séville de Rossini qu’il jouera jusqu’en 2005. Soliste de l’ensemble franco-iranien Nour (dir. Christophe Rezai ) depuis 2003, il enregistre l’album Alba (Hermes Records) en 2005. Il participe également aux créations contemporaines du compositeur S. Pitterbarg :
Modal Insight 2 (2006) et Don Quichotte (2007). Il chante Aeneas en 2009 dans Dido and Aeneas de Purcell avec la Cie Mission Opéra à Rennes. Il donne régulièrement des récitals de mélodies françaises, espagnoles et argentines. Il incarnera en 2010 le Comte Almaviva dans Les Noces de Figaro de Mozart (Cie Mission Opéra), et Eisenstein dans Die Fledermaus de J. Strauss (Opéra de Recife, Brésil, dir Jose Renato ).
- Marie-Claire DELAY - Outre le piano et la musicologie (Conservatoire du VIème, Université de Paris III), Marie-Claire DELAY a étudié le chant avec N. Panni (Rome), Guillemette Laurens (Paris) et Arrigo Pola, professeur de Luciano Pavarotti (Modena). On peut l’entendre dans l’oratorio (Schubert, Dvoràk, Couperin), l’opéra (Mozart, Gluck, Rossini, Menotti) et la musique
de chambre, mais aussi dans les créations de sa compagnie lyrique, la Dame de Pique. Spectacles de théâtre, danse ou conte, spectacles pour enfants, etc., la qualité de son travail a été saluée par France Musique (La Musique autrement) et l’Heure Joyeuse (Sélection des meilleurs disques 2004). Titulaire du diplôme d’Etat de chant, elle enseigne au Conservatoire à Rayonnement Régional de Bayonne.
- Séverine ETIENNE-MAQUAIRE - Mezzo-Soprano, elle se forme à Paris puis rejoint différentes formations comme Les Arts Florissants ou les choeurs des opéras de Paris et de Rouen. A la scène lyrique, elle interprète Les Noces de Figaro de Mozart, La Belle Hélène d’Offenbach, Les Aventures du roi Pausole d’Honnegger ainsi que La Colombe de Gounod et plus récemment Faust de Gounod. Dans le domaine contemporain, elle interprète le Pierrot lunaire de Schoenberg et participe à des pièces de Bruno Ducol, Felix Ibarrondo, et Thierry Pécou. Elle prend également part à des projets théâtraux. En 2008, suite à un master professionnel sur « l’art du récital », elle crée le spectacle «Ages et Visages de femme» à la Péniche Opéra avec la complicité de L. Montel puis se produit en Espagne avec le récital «Paris dans une guitare ».
- Catherine RADLO - Soprano lyrique - Après des études de violon, Catherine Radlo se consacre au chant. En 1998, elle obtient un premier prix de Musique de Chambre. Elle fait ses débuts dans la musique sacrée. Messe en sol de Schubert, Gloria de Vivaldi, Paukenmesse de Haydn, Dixit Dominus de Haendel, Petite Messe Solennelle de Rossini, Messe en ut de Mozart. Passionnée d'opéra, sa vocalité la conduit tout naturellement vers le répertoire allemand et mozartien, tel Agathe du Freischütz, Elletra dans Idoménée, Fiordiligi dans Cosi fan tutte, la Comtesse dans Les Noces de Figaro... Elle donne, à la salle Cortot, à l'Institut Finlandais, à Bâle et à Berne, de nombreux récitals de Lieder de Brahms et Wolf, et de mélodies françaises de Poulenc, compositeur qu'elle affectionne particulièrement.
- Océane DEWEIDER - Elle est en terminale cinéma-théâtre au Lycée René Cassin de Bayonne. Elle joue du violon depuis son enfance, a créé un groupe d’improvisation musicale et a déjà participé à plusieurs festivals de musique, notamment à la demande de Benat Achiary. Elle étudie le chant depuis un an et demi, et ce sont des débuts très prometteurs.
- Julia TOTI - Elle chante depuis plusieurs années avec le choeur Xaramela. Cet ensemble de la Côte basque a participé aux grandes rencontres musicales du Sud-Ouest (Festival d’Art sacré de Dax, Festival de Chant choral du Pays basque) mais a également donné des concerts au Canada, défendant la musique basque autant que sud américaine, ou le répertoire contemporain (il est dédicataire de plusieurs pièces du compositeur Joël Merah.)

 

ACTE I
Dans son palais, Didon ne parvient plus à cacher ses tourments. Sa soeur Belinda devine qu ‘elle aime Enée. Elle ne comprend pas que Didon redoute la volonté des dieux et craint de trahir la mémoire de son premier époux. Belinda l’encourage à accepter ce nouvel amour. Une telle union assurerait la prospérité de Carthage, l’honneur de la reine et le bonheur d’Enée qui ne cache pas ses tendres sentiments. A ses encouragements s’ajoutent ceux de la seconde dame et du choeur des courtisans. Celle-ci finit par céder à sa passion et toute la cour se réjouit.

 

ACTE II
Didon et Enée célèbrent leur union par une grande partie de chasse. La magicienne, qui veut détruire ce bonheur et ruiner les projets des deux héros, viendra troubler la fête et un esprit maléfique ordonnera à Enée de partir sur le champ pour fonder Rome.

 

ACTE III
Dans le port de Carthage, les marins troyens s’apprêtent à reprendre la mer sans regretter les femmes qu’ils abandonnent. La Magicienne et ses sorcières se réjouissent de la détresse de la reine. Elles veulent déchaîner une tempête qui coulera le navire d’Enée pour leur plus grande joie. Au palais, Didon maudit son sort. Elle reproche à Enée, qui vient lui annoncer l’ordre divin, de l’avoir trompée. Malgré ses protestations et son souhait de désobéir à l’ordre de Jupiter, Didon le renvoie. Après son départ, trahie, humiliée, elle se donne la mort.

 

Suite au succès évident de cet opéra de Purcell auprès d'un important et excellent public, tous les acteurs du spectacle se retrouvaient autour d'un apéritif dinatoire dans une salle du Théâtre des Nouveautés. La joie du travail bien accompli et une grande convivialité régnaient autour de tables bien garnies d'alimentation et de boissons très appréciées. Dans une ambiance de congratulations réciproques, tout le monde était bien d'accord pour renouveler ce spectacle "Didon et Enée" dans un autre lieu qui demeure à trouver.

Photos de Jacqueline SAINT-MARTIN et Francis MASSEY

 

 

 

 

 

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